Les origines de la famille Kerlirzin (1)

Lieu-dit Guerlirzin dans la campagne de Lannéanou

Lieu-dit Guerlirzin dans la campagne de Lannéanou

Origine du nom

L’essor démographique du XIIe siècle a favorisé la création des noms de famille. Cependant, il semble que l’usage de le transmettre à ses descendants ne se soit généralisé que plus tardivement[1]. Jamais choisi par la famille elle-même, le patronyme pouvait être déterminé de quatre façons :

  • un nom de baptême,
  • un sobriquet,
  • un métier,
  • un nom de lieu[2].

En ce qui concerne la présente étude, c’est cette dernière occurrence qui doit être retenue. Le morphème ker est bien connu en basse Bretagne, où il désigne un « village[3] ». Quant à lirzin, il désigne des « fêtards ». Kerlirzin signifie donc « hameau des fêtards ».

Deux toponymes

La campagne bretonne présente deux toponymes pouvant être rattachés à ce nom.

A Plourin-Lès-Morlaix : Un lieu-dit Kerlirzin existe tel quel dans la campagne de Plourin-Lès-Morlaix. Il s’agit d’un pré situé à moins de 2 kilomètres à l’est du bourg, et dans lequel a existé une ferme aujourd’hui disparue. La carte de Cassini (dressée dans les années 1780) n’est pas des plus claires quant à cet endroit. A l’emplacement du lieu-dit, elle indique un Kerdilizen, dont le nom correspondrait plutôt au hameau voisin de Kerdaligen. Un autre lieu n’est pas très lisible mais se terminerait par les lettres ZIN ; s’il s’agissait bien là du toponyme qui nous intéresse, il faudrait envisager que le lieu a changé de place au fil du temps, ou que ceux qui ont dressé la carte se sont un peu perdu au milieu de noms aux sonorités tellement similaires. Le cadastre napoléonien, quant à lui, montre une ferme relativement importante, constituée d’au moins six bâtiments. Cette impression de relative grandeur est confortée par la Carte Topographique de la France dressée en 1863, et la taille des caractères utilisés : Kerlirzin apparaît comme plus importante que ses voisines Coatreval ou Parc-Morvan par exemple. Si des bâtiments sont encore visibles sur la photographie aérienne prise par l’IGN en 1952, il n’en reste plus rien aujourd’hui. La photo actuelle du géoportail IGN montre une herbe plus rare à l’emplacement des anciennes constructions et une modification du tracé de la route qui y menait. Si le hameau est encore mentionné sur les plans de la commune disponibles à la mairie, plus aucun panneau ne signale l’ancienne ferme et il est à craindre que ce toponyme soit sur le point de sortir de toute mémoire…

Carte de Cassini

Carte de Cassini : environs de Plourin-Lès-Morlaix

Cadastre napoléonien

Cadastre napoléonien

En 1952 (à gauche) et aujourd'hui d'après l'IGN

Le hameau en 1952 (à gauche) et aujourd’hui d’après l’IGN

A Lannéanou : Au nord de Lannéanou, à environ deux kilomètres du bourg, un lieu-dit Guerlirzin est une variante du même nom. Omis par les Cassini, il ne semble pas que les constructions aient été aussi conséquentes qu’à Plourin-Lès-Morlaix : un corps de ferme, constitué de quelques bâtiments regroupés autour d’un puits, comme le montre le cadastre napoléonien. Les terres s’étendent relativement loin autour, mais c’est assez fréquent dans les solitudes du centre Finistère. La Carte Topographique ne mentionne le lieu qu’en petits caractères. En 1952, le hameau, toujours aussi isolé, présente sensiblement le même nombre de bâtiments, mais l’habitation principale semble avoir été démolie et reconstruite quelques mètres au nord, bien que la comparaison entre le cadastre napoléonien et la photo aérienne ne soit pas toujours aisée. Quoi qu’il en soit, les deux clichés de l’IGN pris à soixante ans d’intervalle ne montrent pas de différences importantes à une exception près : une route aujourd’hui disparue donnait accès à la ferme par l’arrière. De nos jours, on voit peu de choses depuis la route. Le hameau semble abandonné à en juger par l’état d’abandon du chemin qui y mène. Un épais manteau végétal ne permet pas de voir ce qu’il reste de constructions, mais il est vrai que nous nous y sommes rendus en été et qu’une excursion après la chute des feuilles serait à envisager.

Carte de Cassini

Carte de Cassini : nord de Lannéanou. Le lieu-dit Guerlirzin ne figure pas.

Cadastre napoléonien

Cadastre napoléonien

Le hameau en 1952 (à gauche) et aujourd'hui

Le hameau en 1952 (à gauche) et aujourd’hui

Conclusion

Lequel de ces deux lieux doit être considéré comme le berceau de la famille Kerlirzin ? Faut-il au contraire envisager que les deux hameaux ont chacun donné naissance à une famille distincte de l’autre ? Le manque d’archives entre la période où s’est fixé le patronyme et les premiers registres nominatifs ne permettra sans doute jamais de répondre à ces questions.

[Une seconde partie de cet article tentera de faire un point sur les plus anciens porteurs du nom Kerlirzin]

(A suivre)

[1] http://www.commentfaiton.com/fiche/voir/10181/comment-comprendre-l-apparition-des-noms-de-famille

[2] http://www.webgt.net/cousins/etatcivil.php?offset=5

[3] Un bâtiment d’habitation et une dépendance suffisent pour qu’on parle de village en Bretagne.

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